Discutons tard ce soir...

26 février 2007

L'information, condition de la liberté

par Pio à 17:36

Qu'est-ce que la liberté ?

La possibilité d'agir selon sa volonté. Je dirais aussi, la possibilité de faire un choix parmi une étendue de possibilités.
Un choix est fait par recoupement et arbitrage de différents critères plus ou moins conscients :

  1. possibilités perçues (si je pense qu'il n'existe que A et B, je ne penserai pas à choisir C ou D ou...)
  2. quantité et qualité de l'information en notre possession (parenthèse, je vous conseille de lire cet article de Papagrieng),
  3. confiance que nous avons en nos sources
  4. nos valeurs personnelles et leurs poids relatifs qu'on leur accorde
  5. des impressions floues (ex. « il me semble mieux de choisir ceci, sans que je sache l'expliquer » ; c'est en grande partie sur ce point que l'action des publicités est efficace)


Réflexion

Est-on réellement libre lorsque nous n'avons pas conscience d'une étendue de possibilités, voire que nous ne voyons qu'une seule possibilité ? Ou lorsque l'information en notre possession est en faible quantité et très incomplète ?

Même dans ce cas, on reste libre dans le sens où on a toujours le choix. Mais cette liberté est conditionnée par l'information incomplète que nous avons en notre possession. Le choix est fait dans un cadre limité qui, lui, n'est pas choisi, mais défini extérieurement (par notre éducation, les normes de société, les médias, une personne considérée comme référence, etc).


Déduction

Pour être réellement libre, il faut tenter de s'affranchir du "cadre limité".
Il est nécessaire de s'informer, de connaître les différentes possibilités qui s'offrent à nous, et les avantages+inconvénients+conséquences que celles-ci impliquent.

Conséquence

Je vous invite à chercher de l'information avant de faire des choix importants dans votre vie quotidienne notamment en matière de santé (chaque médecin ne donne pas forcément les mêmes conseils pour une même problématique, par exemple concernant l'allaitement...), de consommation (ex. si si, on peut se passer de voiture en ville !), et de vie professionnelle (aurais-je trouvé un télétravail si j'en étais resté à ma forte croyance (et l'insistance d'une partie de mon entourage) que ce ne serait pas possible ?).




NB : un article du Monde en relation indirecte avec ce sujet : Internet interpelle les médecins

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2 Comments:

  • Un post comme je les aime ! :-)

    Vaste sujet de philo, mais aussi vaste prisme de lecture de nos propres vies individuelles.

    Ce message met en avant les critères intrinsèques (exhaustifs ?) de notre mécanisme de prise de décision quotidien sans remonter jusqu'à la notion même de libre-arbitre.

    Là où je me permettrais d'apporter un bémol néanmoins (il faut bien, sinon ce n'est pas amusant !), c'est que la disséquation de notre ami part de l'hypothèse induite que la réalisation de nos choix s'effectue selon des processus majoritairement conscients. En tous les cas, à la lecture de ce post, c'est le sentiment que j'en ai.

    Il serait, je trouve, intéressant de creuser justement ces fameuses "impressions floues" qui pourraient bien constituer la majorité des éléments constitutifs de notre prise de position, de décision.

    Car si, en effet, on part de l'hypothèse que nos choix s'opèrent de façon conscientisée, alors à ce moment-là on peut aisément, et je suis d'accord, imaginer une corrélation entre l'apport maximal d'information et le degré de liberté (ressenti ? :-).
    En revanche, si justement ces "impressions floues", que je qualifierai de non-conscientisées, représentent une part significative des éléments utilisés (inconsciemment) pour la synthétisation de nos choix (réflexe pavlovien, référent inconscient, sentiment de sécurité, etc), alors dans ce cas il faut diminuer la quantité d'information (de stimulii) qui influent sur notre inconscient et donc nos prises de décision pour augmenter notre degré de liberté.

    Pour faire plus clair ; si grâce à internet par exemple (formidable outil) on se voit doter d'une capacité de liberté plus importante, car face à une quantité d'information suffisante pour mieux connaître l'univers de nos choix ; la contraposée pourrait être la suivante : si dans nos choix la part d'inconscient est significative (voire prépondérante) et que cet inconscient est alimenté par les stimulii externes nombreux (par exemple, pub qui induit belle voiture => belle fille), il faut chercher à diminuer soit la part d'inconscient dans le processus de prise de décision, soit diminuer ce qui alimente l'inconscient, i.e. l'information, les stimulii externes passés et présents.

    Je fais donc la conclusion suivante, volontairement provocatrive et précipitée : moins on n'est soumis à de l'information, plus on est libre !

    Alors si je suis certain que cette règle s'applique dans certains cas, ça semble cohérent (idée restant à creuser) de penser que l'application de cette règle est exclusive dans les cas où elle s'applique. Et inversement avec sa contraposée.

    On peut alors se poser la question de savoir si le degré de conscientisation d'un processus de choix n'a pas un impact fort (effet et contre-effet) sur l'usage de l'information dans la recherche de liberté maximale.
    Si votre processus de choix est très conscientisé, plus vous aurez d'info plus votre liberté s'en trouvera gradée.
    Si au contraire, votre processus de choix répond principalement à des mécanismes inconscients, alors plus vous aurez (aurez eu) d'information plus votre degré de liberté s'en trouvera biaisé.

    A votre avis ?

    Merci pour cette belle invitation de Pio sur notre capacité à créer de la liberté.

    By Blogger Vincent BRYANT, at jeudi 1 mars 2007 à 00:45:00 UTC+1  

  • En fait je pense que nous parlons de deux types d'information différents : je parle plutôt des informations "minimales", celles qui sont utiles voir normalement nécessaire pour choisir.

    Tu me sembles plutôt faire allusion aux informations "superflues", les publicités et autres stimuli subis et qui réveillent nos peurs et façonnent nos représentations.

    Même si nos choix sont en grande partie conditionnés par les impressions floues, cela ne change pas le fait qu'on ne pourra choisir une possibilité inconnue, et que nos choix seront limités par le manque d'informations.

    Exemple, la péridurale :
    on demande aux femmes "voulez vous une péridurale ?".
    Sans information : oui si je ne veux pas avoir mal, non si j'ai peur de l'anesthésie (en gros).
    - Avantages de la péridurale : éviter l'angoisse de la douleur lorsqu'elle est présente ; aborder sereinement l'accouchement ; ne pas avoir mal (attention, douleur inégal souffrance ; l'accouchement peut être très douloureux sans qu'il y ait souffrance ; au contraire certaines femmes souffrent de n'avoir rien senti de leur accouchement)
    - Inconvénients de la péridurale : pour une dose donnée chaque personne réagit différemment, donc parfois l'anesthésie s'étend jusqu'aux jambes et au dos, parfois seulement l'utérus, et parfois rien du tout ; l'anesthésie traverse le placenta, or certaines substances sont des opiacés, le bébé est donc "shooté" car l'anesthésie se diffuse dans tout son corps, notamment le cerveau, ce qui pourrait favoriser (selon des études statistiques anglaises) des futurs comportements toxicomanes ; conséquence du point précédent, le bébé somnole et ne cherche pas à têter dans les 2h suivant l'accouchement, ce qui pose des problèmes pour le démarrage de l'allaitement ; les muscles sont eux aussi moins réactifs, le corps de la mère réagit moins bien : ce qui entraîne plus facilement des complications et donc l'utilisation d'ocytocines, des forceps, voire d'une césarienne ; certaines femmes ont des effets secondaires pénibles pendant quelques semaines (douleurs dans le dos ou didfficultés à marcher) ;
    enfin l'accouchement est vécu comme une simple opération, qui dure sans sensation donc "on s'ennuie", et par conséquent les sage-femmes témoignent de situations navrantes de femmes/couples qui regardent la TV, qui lisent ou discutent de choses futiles.... pendant l'accouchement....
    Bref lorsqu'on a connaissance de tout ça on peut faire un choix ou l'autre, mais en connaissance de cause.
    Si le processus de choix est majoritairement inconscient, la partie consciente peut relativiser la tendance inconsciente car on en connait les conséquences positives et négatives ; on peut donc aussi assumer les conséquences du choix.

    By Blogger Pio, at mardi 13 mars 2007 à 18:41:00 UTC+1  

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