Discutons tard ce soir...

21 août 2007

[Politique] Crise financière -->

Le titre de cet article me fait rire. "On promet des mesures pour contrer la crise financière". Super. Je propose aussi de faire un décret pour que tout le monde soit heureux, comme ça on est fixés.

"Veiller à ce que les petites entreprises ne soient pas pénalisées par les risques inconsidérés pris par le système financier"

Cette phrase est largement démago: elle place dans la même partie de la phrase "financier", "inconsidéré" et "pénalisé par". Quand à son fond, il s'agit de sauver les petites entreprises. Avec quelles mesures ? Je n'ai pas réussi à trouver d'information sur ces mesures: je pense qu'il s'agit tout simplement des mêmes mesures proposées pendant la campagne (crédit d'impôt pour la R&D) et remises au goût du jour sous leur aspect "pénaliser par ... tatata ... financiers". Autrement dit, cette interview ne dit absolument rien de nouveau.

Améliorer la compétitivité des petites entreprises de l'innovation ?

Attention: Innovation = bonnes + mauvaises idées. Les périodes de crise économique ont un rôle de compression, pour fermer les PMEs qui "sont des mauvaises idées", ne conserver en France que les métiers à forte valeur ajoutée, délocaliser celles qui peuvent passer au stade industriel...

Les recettes pour améliorer la compétitivité des entreprises de l'innovation, au delà d'une sélection saine et impitoyable, ce sont toujours les mêmes: leur fournir des services "publics" afin qu'elles aient moins d'investissements à faire. Services = aide "diplomatique" à l'exportation, bonne formation de la population des travailleurs, soutien à leur mobilité géographique (donc tout SAUF les aider à acheter des maisons), la possibilité de fermer sans risques (donc une certaine déresponsabilisation des entrepreneurs, même si cela favorise la précarité des emplois dans l'innovation). Et il faut que ces services publics soient pilotés par les entreprises afin qu'ils soient le plus adapté possible aux besoins (l'état n'est pas le symbole de la réactivité).
"Rencontrer les banques pour ne pas durcir les conditions de crédit aux PME"
Si les banques les durcissent, c'est justement parce qu'elles estiment qu'il y a trop de risque ! Va-t-on inciter les banques à prêter de l'argent facilement ? C'est s'exposer à leur faillite. Est-ce que l'état va garantir aux banques un refinancement en cas de difficultés ? Cela signifie que les contribuables jouent le rôle de garant auprès des banques pour leurs prêts aux PME... je ne comprends pas en quoi cela peut être positif.

Je me permets de commencer à critiquer le gouvernement car il applique une politique sécuritaire de droite, des cadeaux fiscaux aux riches, mais il est complètement amorphe par rapport à la politique économique et sociale de droite qu'il avait promis de mettre en oeuvre... Un bel espoir de réforme de notre pays est en train de se taire...

EDIT: Je précise ma position: les mesures initialement proposées lors de la campagne par Sarkozy pour les PME sont positives; mais il ne sert à rien de faire semblant qu'elles sont dues à la crise des subprimes.

20 août 2007

[Consommation] Universal et Neuf -->

Voilà un exemple d'implémentation autorisée par les lois sur les DRM: Neuf fait l'offre que chaque abonné au Triple Play peut bénéficier de la musique d'un catalogue Universal (tous les titres d'un genre, tel que jazz ou rock) sur 3 ordinateurs et supports mp3, en renouvelant les DRM tous les mois. Possibilité de souscrire à ce service séparément du Triple Play pour 5€ par mois.

Voilà, c'est un avant-goût de ce que sera l'offre "officielle" à l'avenir...

05 août 2007

[Energie] Libéralisation totale des Marchés... Acte 3 -->

Bonjour,

après les actes 1 et 2, logiquement c'est au tour du troisième.

J'aimerai à présent opérer une digression sur ce sujet selon un scope de lecture énergétique et environnementale.

> Pré-requis nécessaires
Il est important de connaître 2-3 éléments pour pouvoir bien cerner ce qui suit.
1. L'Electricité a des caractéristiques spécifiques inhérentes à sa propre nature. Elle ne se stocke pas et par conséquent, la demande doit toujours être égale à l'offre sur le territoire, au risque de perdre le fragile équilibre qui les unit et de subir des délestages en cascade comme nous l'avons vécu en Europe la dernière fois le 4 novembre 2006.
2. La production nationale d'Electricité est schématiquement décomposée en 3 éléments : la base, la semi-base et la pointe. Une représentation de ces éléments peut être donnée par la courbe de consommation quotidienne éditée par le RTE. La base (aussi appelé le talon) est fournie par les centrales à forte capacité de production qui ne se mobilisent et démobilisent pas par rapidement (ex typique : les centrales nucléaires, mais aussi les centrales hydrauliques au fil de l'eau). La pointe est fournie par les capacités de production rapidement mobilisables (centrales Turbine A Gaz, barrages, etc). Et la semi-base est fournie par un mixte des capacités de production entre base et pointe.
3. En économie de marché, le rôle des prix est d’indiquer, non ce qu’a coûté un produit mais ce qu’il coûtera dorénavant, afin d’orienter convenablement les choix durables des consommateurs.

> Que peut-on espérer de l'ouverture des Marchés pour l'environnement ?
1. Optimisation environnementale des centrales de production électriques
Il faut savoir que en France les capacités de production de pointe sont les plus émettrices de CO2 de par leur nature (centrales thermiques au Charbon, Gaz Naturel ou Fioul). Autrement dit l'Electricité produite pour ajuster la demande à l'offre est très polluante. Avec les contraintes sur le prix des matières premières (Hydrocarbures en particulier) et les obligations environnementales (réglementations, taxes, quotas, etc), dans un contexte concurrentiel, les producteurs vont naturellement se positionner sur des segments de production de nature moins à risque quant aux contraintes précités. Ainsi, ils favoriseront à terme les capacités de production les moins polluantes afin de conserver/améliorer leur compététivité. ce qui n'aurait pu évidemment être le cas, dans un contexte purement monopolistique sans faire intervenir une coercition étatique.

2. Responsabilisation des consommateurs 1/2
... par les prix.
Il est très probable que les prix de l'Energie augmentent à moyen terme de manière générale, comme pour les petits consommateurs. Pas parce qu'il y a une ouverture des Marchés, mais parce que les prix en France sont déjà virtuellement très bas (les Tarifs Réglementés), qu'ils ne suivent pas les évolutions de la demande ou les tensions de la production, et surtout car la raréfaction des ressources et les contraintes énergétiques et climatiques feront le reste.
A ce titre, les prix seront un "indicateur responsabilisant le consommateur en lui donnant un signal clair et direct de la rareté des matières premières et du coût environnemental des émissions". Signal qui jouera aussi sur sa consommation propre : en effet, qui dit augmentation des prix, dit baisse de la consommation (cf à ce titre un très bon exemple : le tabac).

3. Responsabilisation des consommateurs 2/2
... par la gestion de leur fourniture et de leur achat.
On fustige souvent l'ouverture des Marchés de l'Energie par le fait que les consommateurs ne connaissent rien à ce domaine, que c'est compliqué et que le mode de contractualisation n'est pas habituel. Quid de l'ouverture des Marchés des télécoms et l'explosion des services internet, voip and co ? On n'y connaissait rien non plus il y a quelques années et aujourd'hui chaque foyer adapte son contrat à son profil de consommation.
On peut raisonnablement penser qu'il en sera de même sur cet aspect pour l'Energie. Chaque année, ou tous les 2 ou 3 ans, le bon père(mère) de famille réévaluera en fonction du profil passé l'abonnement optimum pour la famille en terme de services et de coûts. On peut imaginer ainsi voir apparaître une responsabilisation forte des consommateurs où le sempiternel "Eteint la lumière avant de sortir de ta chambre" sera généralisé. Et tout ça "c'est bon pour la Planète !"

4. Naissance d'une pléthore de services
A l'image de ce que l'on a pu voir sur le Marché des télécommunications (et ce sera là ma dernière comparaison avec ce Marché, donc pas de rapprochement sur la baisse des prix), d'un point de vue économique la libéralisation a permis la naissance d'une multitude de services, d'innovations et de produits à destination des consommateurs pour leur plus grand "bonheur". En ce sens, la libéralisation des initiatives dans un désordre constructif est bénéfique.
On peut alors s'attendre à la même ruée dans le secteur énergétique, dont on aperçoit déjà les premiers effets ces mois-ci (la Poweo Box par exemple). Si on ajoute en plus le facteur convergence des technologies qui devrait largement profiter au secteur de l'Energie, nous devrions voir apparaître sous peu les premiers services d'aides à la Maîtrise de la Demande Energétique des particuliers (cf la dernière initiative de EDF, la Poweo Box, le conseil chez Electrabel, etc).

A noter, que je n'ai pas (encore) déroulé ici les avantages de cette ouverture sur les volets structurels et techniques des réseaux d'acheminement et des effets positifs de la naissance d'un Marché commun Européen, étape suivante, qui auront des effets positifs aussi pour l'environnement mais qui nécessitent, avant tout approfondissement, d'autres pré-requis techniques.
Je reviendrai prochainement aussi sur les notions de rente de rareté et de fourniture d'Electricité à base renouvelable et de leur intérêt environnemental.

De ce point de vue, l'ouverture des Marchés de l'Energie est donc une opportunité pour les causes environnementales et énergétiques, qui a, de plus, l'avantage d'être soutenue par les instances européennes, leurs représentants Neelie Kroes et Andris Piebalgs en tête.

Bien à vous tous,

Vincent BRYANT

PS : en lien, une excellente analyse d'Antoine Pellion, rédacteur à la Fondation Robert Schuman

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